L’Institut national d’études démographiques (Ined) a lancé une enquête sur les modes de vie, la santé et les situations d’insécurité des personnes LGBT. Christelle Hamel, chercheuse à l’Institut national d’études démographique, nous en dit plus sur cette initiative. Extrait de l’interview publiée dans le numéro de décembre de Jeanne Magazine.

Pouvez-vous nous présenter l’enquête sur les modes de vie, la santé et les situations d’insécurité des LGBT ? La première partie du questionnaire est centrée sur la description de la personne répondante et ses modes de vie. Quel âge avons-nous ? Dans quel département habitons-nous ? Vivons-nous plus souvent en ville ? Quelles professions exerçons-nous ? Vivons-nous en couple ? Et si oui, préférons-nous vivre ensemble  ou en logement séparés ? Avons-nous des enfants ? Des questions sont ensuite consacrées à la manière de définir son orientation sexuelle, lesbienne, gay, bisexuel-le-s. Les trans et intersexes sont aussi  inclus. Le coming-out et la réaction de l’entourage sont explorés. Combien d’entre nous vivent-elles/ils dans l’impossibilité de dire leur homosexualité ou bisexualité à leur famille, à leurs collègues, à leur médecin ? Viennent ensuite des questions générale sur la santé. Sommes-nous en bonne santé et quand ce n’est pas le cas, quels sont nos problèmes de santé ? La seconde moitié du questionnaire est consacré aux relations avec les autres dans la scolarité, le travail, la famille le couple et permet de déclarer les comportements hostiles auxquels nous sommes parfois exposé-e-s, qu’il s’agisse d’insultes dans la rue, de rumeurs au travail ou d’atteintes plus graves comme les agressions physiques ou sexuelles. Nous avons voulu lancer ce projet pour améliorer les connaissances sur les comportements sexistes et pour créer des données sur les LGBT-phobies, car les données statistiques étaient dans le premier cas soit anciennes soit insatisfaisantes, et dans le second quasi-inexistantes.

Comment expliquez-vous le fait que les données statistiques concernant les lesbiennes soient jusqu’à présent quasi inexistantes ? Il y a deux raisons à cela. La première, c’est que dans les enquêtes de l’Insee il n’y a pas de questions permettant de dire son orientation sexuelle. Nous sommes donc invisibles. Ce sont les instituts de recherche qui, dès les années 1980, ont réalisé les premières enquêtes où l’on pouvait déclarer son orientation sexuelle. Mais ces enquêtes ont été conçues pour étudier l’évolution des comportements sexuels face à l’épidémie de sida et par conséquent l’attention s’est tournée vers les gays. C’est la seconde raison de la quasi-absence de statistiques sur les lesbiennes.

Ce constat explique-t-il le fait que les lesbiennes ne soient pas vraiment prises en considération dans les politiques publiques de prévention et d’éducation à la santé ? On ignore en fait quels sont les problèmes de santé auxquels les lesbiennes sont confrontées. Alors évidemment, elles ne sont pas prises en compte. C’est la raison pour laquelle nous avons posé les questions généralistes sur la santé. Le questionnaire aborde la santé physique et la santé mentale, les maladies chroniques, les limitations dans la vie quotidiennes, les dépressions, les addictions à l’alcool, les toxicomanies, et d’autres sujets. (…)

Pourquoi est-il  important de participer à cette enquête de l’Ined ? C’est important pour se rendre visible, et d’autant plus pour les lesbiennes qui sont davantage invisibilisées dans la société. C’est important également parce qu’il existe un pouvoir politique des chiffres. Etre visibles dans les statistiques, c’est compter et être prises en compte. La collecte des questionnaires va durer jusqu’en mars 2016. Pour y répondre, il suffit de se rendre sur le site de l’enquête à partir d’un ordinateur ou d’une tablette car on ne peut y répondre avec un smartphone. Un mot de passe permet d’assurer la totale confidentialité des réponses. Les données seront ensuite analysées par l’équipe qui a conçu le questionnaire. Les premiers résultats statistiques seront rendus publics en mai-juin 2017 avant les marches des fiertés. D’autres publications suivront régulièrement en 2017 et 2018. Elles seront rendues publiques par une diffusion sur le site internet de l’Ined. Les associations, les journalistes, les pouvoirs publics y auront aussi accès.

www.ined-lgbt.fr

Retrouvez l’interview de Christelle Hamel en intégralité dans le numéro de décembre de Jeanne Magazine. En vous abonnant à Jeanne, vous permettez à votre magazine 100% lesbien de continuer à vous proposer 90 pages de contenu exclusif chaque mois !

Source Article from http://www.jeanne-magazine.com/le-magazine/2015/12/14/enquete-modes-de-vie-sante-securite-lgbt-de-lined-important-de-faire-entendre-voix_4138/
Source: Jeanne Magazine

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